Commentaires sur les derniers millésimes

En œnologie, c'est l'année de récolte des raisins ayant servi à produire un vin. Le millésime, qui exprime les conditions climatologiques de l'année, est un repère important pour apprécier la qualité d'un vin. Il est généralement indiqué sur l'étiquette apposée sur la bouteille, sauf pour les vins de qualité courante.

Le Millésime 2015

Le climat :
L’hiver 2014/2015 commence avec de la douceur : novembre et décembre sans gel. Le froid n’apparaît que mi-janvier. A partir de début mars, nous avons une période très ensoleillée avec douceur dans la journée (jusqu’à 15°C) mais fraîcheur la nuit (on reste autour de 0°C). Le débourrement a lieu mi-avril et le printemps est doux et ensoleillé. Les vignes poussent vite et la saison démarre bien. Si juin est maussade, l’été est caniculaire. Les vignes du Clos Saint Landelin sont habituées aux périodes sèches. Un orage mi-juillet apporte juste assez d’eau pour éviter que les pieds ne souffrent mais la grêle qui l’accompagne fait des dégâts sur les pinots noirs du Clos Saint Landelin et les vignes du Steinstuck. Par ailleurs, les raisins se développent dans de bonnes conditions.

Les vendanges :

Par ce climat chaud, les vendanges commencent tôt, le 3 septembre avec les raisins de chardonnay et de riesling destinés à la cuvée de Crémant d’Alsace « Grand Millésime ». Le temps sec et ensoleillé permet de travailler sereinement et de récolter des raisins magnifiques, purs et d’une belle maturité. Même si le temps s’altère un peu mi-septembre, les raisins restent sains et la principale partie des vendanges se termine le 13 octobre. Les gewurztraminers et les muscats destinés aux vendanges tardives sont récoltés entre le 4 et le 9 novembre, par très beau temps.

Les vins :

Le millésime 2015 est caractérisé par son charme, ses arômes de fruits croquants et sa belle maturité. Les vins du Steinstuck sont typiques avec leurs arômes de craie et de poire fraîche. Les vins de la Côte de Rouffach sont vifs et croquants. Leurs arômes d’agrumes et de fruits gourmands sont charmeurs. Le Clos Saint Landelin révèle sa puissance et son élégance que ce soit sur les cépages blancs ou sur le pinot noir.

Le Millésime 2014

Le climat :
Après un hiver doux et ensoleillé, 2014 démarre rapidement. Les premiers bourgeons sortent dès le 25 mars. La floraison, fin mai, est précoce elle aussi. Elle se déroule sous un temps caniculaire qui entraine de la coulure sur les muscats et les pinots noirs. Le climat reste sec, trop sec même. Mi-juillet, des pluies viennent changer la situation. Août est plus maussade mais comme les températures sont fraîches, la pourriture grise ne se développe pas.

Les vendanges :

Les vendanges commencent le 9 septembre avec les raisins de chardonnay destinés à la cuvée de crémant d'Alsace "Grand Millésime". La surprise de l'année est l'arrivée d'une petite mouche appelée drosophile suzukii. Elle perce les baies et se nourrit de la pulpe de raisin. La seule solution : le tri, à la main, par les vendangeurs dans les vignes. Des renforts sont appelés en aide : les vendangeurs n'ont jamais été aussi nombreux. Les pertes de récolte sont importantes sur les cépages les plus atteints : les rendements en pinot noir et en gewurztraminer sont seulement de 20 hl/ha. Le 15 octobre, les vendanges se terminent, avec soulagement.

Les vins :

Les rieslings et les pinots gris sont de très grande qualité, dans un style sec. Les pinots noirs, en faible quantité, sont fruités et élégants.

Le Millésime 2013

Le climat :
Le début d'année 2013 est pluvieux et neigeux. Nous avons un temps froid jusque mi-mars, avec de la neige encore le 28. En janvier et février, il est impossible de travailler les sols mécaniquement, mais le gel fait son oeuvre en cassant les grosses mottes de terre. Le débourrement de la vigne commence le 17 avril, une date conforme aux moyennes observées dans les années 1980 et 90.
Le printemps est pluvieux, en particulier en mai où nous avons 20 jours de pluie sur 31, ce qui nous oblige à être très vigilants au niveau du vignoble vis-à-vis des signes de maladie cryptogamique. Heureusement, la chaleur et le soleil s'installent à partir du mois de juin. La floraison démarre au 15 juin, c'est-à-dire plus tardivement que les dernières années. L'été est également très ensoleillé laissant présager une belle qualité de raisins.

Les vendanges :

Les vendanges se déroulent dans de bonnes conditions, par un temps clément avec quelques épisodes pluvieux sans gravité. elles s'étalent sur une période d'un mois à partir du 24 septembre. Le millésime 2013 de place parmi les plus tardifs des 10 dernières années. Grâce à un travail de tri soigné, les quelques raisins abîmés peuvent être éliminés et laisser place à des raisins purs et concentrés.

Les vins :

Les vins du millésime 2013 développent des beaux arômes de fruits, une évidente gourmandise mais aussi de la minéralité et des niveaux d'acidité intéressants. Leur potentiel de garde est important, en particulier pour les vins du Clos Saint Landelin. Les pinots noirs sont remarquables, avec des tanins tout en élégance et une trame très serrée. Les rieslings sont droits et offrent une belle tension. Pour notre premier millésime sous le label Demeter, les principes de la biodynamie nous permettent d'exprimer au mieux la complexité des terroirs tout en respectant les raisins.

Le Millésime 2012

Le climat :
L’hiver 2012 se termine sur un temps doux et sec : des températures autour de 20°C ont été enregistrées en mars. La vigne débourre fin mars mais est ralentie par un mois d’avril frais et pluvieux. Les premières grappes en fleurs sont trouvées le 25 mai.
Juin est chaud et pluvieux, avec un orage de grêle le 30 qui touche les pinots noirs plantés sur le plateau qui surplombe le Clos Saint Landelin. Juillet est également pluvieux. La pression de mildiou est forte, avec des attaques sur grappe, notamment sur les pinots. Pendant les vendanges il faudra trier minutieusement les pinots noirs pour éliminer les baies altérées. Après ce tri, le rendement des pinots noirs Clos Saint Landelin ne sera que de 22 hl/ha !

Les vendanges :

La véraison débute à la mi-juillet. La maturation des raisins se fait par un mois d’août chaud et sec. Heureusement, à partir de début septembre, les nuits sont fraîches. Elles permettent aux raisins de mûrir doucement, en préservant la fraîcheur et les arômes. Le ban des vendanges sur le domaine s’ouvre avec les chardonnays destinés au crémant, le 11 septembre.

Les vins :

les millésimes 2012 se caractérisent par une grande finesse, une belle fraîcheur et des arômes fruités élégants. Les pinots noirs sont particulièrement gourmands et racés, avec beaucoup de réserve pour le « V » et le Clos Saint Landelin.

Le Millésime 2011

Le climat :
Après un démarrage rigoureux, l’hiver a fini dans la douceur. Il était ensoleillé et avec très peu de précipitations. C’est le début d’une période de sécheresse qui ira jusqu’en juillet. En particulier, la période de fin mars à début avril a été exceptionnellement chaude avec des journées à 25°C et pas de pluie. Entre janvier et mi-mai il n’y a eu que 30 à 40 mm de pluie (contre 200 mm en moyenne sur cette période).
La conséquence directe a été un débourrement au 1er avril, soit avec trois semaines d’avance. A partir du 12 avril, le temps revient à la normale avec des températures de saison.
La floraison démarre mi-mai avec les chardonnays. Elle est homogène. Les très bonnes conditions météorologiques pendant cette période ont permis une bonne mise à fruits. Toujours grâce à ces bonnes conditions, nous ne constatons que très peu de maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium). C’est le point positif car il permet de limiter les traitements à leur portion congrue. En agriculture biologique, c’est une situation idéale.
L’été a été plus mitigé. Le mois de juillet, frais et humide, permet de gonfler les baies, de préserver l’acidité et de réduire l’avance de la végétation. Août offre des jours de très grosses chaleurs et de vent qui sèche les quelques débuts de foyers de pourriture.
Les vendanges :
Finalement, les vendanges débutent le 29 août pour finir le 18 octobre. Même si le temps a été très favorable, les raisins étaient fragiles. Il a fallu vendanger rapidement pour récolter au jour J.
Les vins :
Les vins blancs sont fruités et généreux, avec des pinots gris sur les fruits jaunes, des rieslings avec des notes minérales et d’agrumes et des gewurztraminers d’une belle profondeur. Les pinots noirs sont une très belle réussite : les structures sont fines et racées, soutenues par des tanins élégants.

Le Millésime 2010

2010 est un millésime passionnant !
où le travail du vigneron a joué un grand rôle : malgré quelques sueurs froides, le millésime finit en apothéose avec un bel été indien.

Le printemps et l’été :
Après un vrai hiver froid et long, comme ceux des années 70 et 80, la vigne se réveille mi-avril avec la sortie des premiers bourgeons. C’est plus tard que pour les millésimes précédents mais cela se situe dans les moyennes des années 80.
Mai et juin sont assez frais et humides. La floraison se déroule vers le 10 juin. Le temps frais pendant cette période cruciale limite la fécondation normale des fleurs (dégâts de coulure), surtout pour les cépages gewurztraminer et muscat. Ainsi, sur le domaine, la récolte du muscat sera quasi-nulle et celle de gewurztraminer sera réduite de deux tiers. Les autres cépages verront leur récolte réduite d’un quart au moins.
Ce printemps humide est favorable au développement des champignons oïdium et mildiou. Le vigneron – et surtout le vigneron bio – devra être observateur et réactif. Les méthodes alternatives (décoction de prêle, silice…) sont utilisées pour renforcer les défenses naturelles de la vigne.
Les vendanges :
Les vendanges commencent le 14 septembre pour finir le 15 octobre. Ce sont des vendanges moitié moins longues que d’habitude sur le domaine ! Les volumes récoltés sont faibles mais la qualité est au rendez-vous. La chance nous sourit car le temps est magnifique pendant toute cette période. Des nuits fraîches mais des journées sèches et ensoleillées assurent une maturation finale optimale des raisins, sans pourriture grise. Les arômes se concentrent et la fraîcheur est au rendez-vous.
Les vins :
Les cépages blancs ont bien profité du mois d’août frais et de l’été indien : les maturités sont belles, l’acide malique est très réduit. L’acide tartrique, colonne vertébrale essentielle pour des vins de garde, est présent. 

Les pinots noirs, plus précoces, donnent des vins frais, plein de fruits et d’une bonne minéralité.

Le Millésime 2009

L’hiver 2009 a été long et assez froid :
Il y avait de la neige sur les sommets vosgiens de fin novembre à mi-mars sans discontinuer. En contraste, le printemps a été doux et humide. Les premiers bourgeons sont sortis les 5 et 6 avril dans le Clos St Landelin.
Nous avons eu un été agréable avec un temps sec et chaud. Il n’y a pas eu beaucoup de pluie mais les sols argilo-calcaires de Rouffach n’ont pas souffert de la sécheresse. En effet, les argiles ont la faculté de stocker l’humidité et sont donc une réserve d’eau pour la vigne pendant les périodes sèches. Sur le Domaine du Clos St Landelin, grâce aux labours, les racines de vignes sont profondes, la vigne ne souffre donc pas d’excès d’eau au printemps ni de sécheresse en été. La chance nous a souri car ce temps chaud et sec s’est poursuivi pendant les vendanges. Une fois de plus, l’Alsace a bénéficié d’un magnifique été indien.

Les vendanges :

La maturité était précoce et les vendanges ont commencé sur le Clos St Landelin le 31 août avec les pinots noirs puis les pinots gris. Ils se sont bien déroulées : les conditions climatiques favorables ont permis de récolter sans interruption les différents cépages. Les derniers raisins ont été coupés le 16 octobre. Il s’agissait des gewurztraminers vendanges tardives.

Les vins :

Les vins du millésime 2009 sont très prometteurs, que cela soit pour les rieslings qui ont une très belle structure ou pour les pinots et gewurztraminers, qui sont amples et soyeux. 2009 est un millésime sans demi-teinte, à garder en mémoire… et en cave !

Le Millésime 2008

Le printemps 2008 est extrêmement précoce :
Des records de chaleur sont battus en février, avec 19°C à Rouffach le 24 février. Les premiers bourgeons de vigne sortent autour du 26 avril, la floraison débute le 30 mai.
Le mois de mai est propice aux travaux d’ébourgeonnage et d’évasivage. Il s’agit de supprimer les doubles-bourgeons ainsi que les bourgeons mal placés pour éviter les entassements futurs de végétation et de grappes. Le plan de palissage sera bien colonisé par les rameaux pour capter au mieux les rayons du soleil, tout en étant suffisamment aéré pour limiter le développement du mildiou, de l’oïdium et du botrytis.

La météo estivale est capricieuse :

Heureusement, en septembre, la tendance s’inverse au profit d’une période anticyclonique stable. Dans ces conditions, aidés par une bonne luminosité et un vent du nord frais et séchant, les raisins ont pu finir de mûrir tout en gardant un bon niveau acide.

Les vendanges :

Ils commencent avec les pinots noirs le 15 septembre. Elles se déroulent dans de bonnes conditions météorologiques et finissent le 25 octobre.

Les vins:
Les vins du millésime 2008 sont marqués par une acidité élégante qui laisse présager un bel avenir. La minéralité du Riesling Clos St Landelin est fine mais bien présente. Cette minéralité est due au sous-sol calcaire, mais est aussi renforcée par les labours et les travaux du sol effectués par l’équipe du Clos St Landelin. La bonne météo d’octobre a permis de récolter de belles vendanges tardives en gewurztraminer et pinot gris. Elles associent à la fois la richesse du fruit et des notes acidulées d’agrumes typiques du Clos St Landelin : ce sont des vins moelleux mais bien équilibrés.

Le Millésime 2007

Un printemps particulièrement précoce !
L’hiver est très doux et le 1er mars, les amandiers sont déjà en fleurs, avec un mois d’avance. La tendance se confirme et avril est beaucoup plus chaud et sec que la moyenne. Les rameaux de la vigne poussent vite car mai est relativement pluvieux. La floraison a lieu exceptionnellement du 15 au 25 mai, c’est-à-dire 4 semaines plus tôt que d’habitude. Du jamais vu, de mémoire de vigneron ! L’été n’est pas très chaud mais la vigne garde l’avance gagnée au printemps.

Botrytis !

Le mois d’août est doux et humide. Nous arrivons à maintenir la pression du mildiou mais de telles conditions sont aussi favorables au Botrytis. Il se développe d’autant mieux sur les baies que celles-ci sont déjà mûres. Le vigneron doit s’adapter pour garantir l’état sanitaire du raisin. Il faut effeuiller : les feuilles présentes devant les grappes sont enlevées à la main pour aérer et assécher les baies. Le champignon de la pourriture est freiné. Le temps pluvieux cesse, comme par enchantement, le 23 août.

24 août : début des vendanges !

L’année n’en finit pas de nous réserver des surprises : après une floraison très précoce, l’été n’a pas le temps de s’achever qu’il faut déjà vendanger. Les premiers raisins à être cueillis sont les pinots noirs. Le temps beau et ensoleillé de septembre assainit la vendange et permet de gagner en maturité. Pinots gris et rieslings sont vendangés dans de très bonnes conditions.

Météo favorable pour des sélections de grains nobles exceptionnelles !

Le beau temps se poursuit et il apparaît de la pourriture noble. Des tries rigoureuses vont donner naissance à quelques perles rares : des muscats et rieslings en sélections de grains nobles. Des records sont battus avec des pinots gris du Clos St Landelin à 31° en potentiel. En cave, le pressoir vertical fait des merveilles. Il presse ces raisins en douceur, sans trituration. Le jus qui coule est clair et déjà parfumé et délicat.
Pour finir, après quelques sueurs froides, 2007 est un très beau millésime avec d’un côté des rieslings et pinots gris secs aux arômes délicats et avec de belles longueurs en bouche et de l’autre, des vins moelleux riches et complexes.

Le Millésime 2006

Le printemps 2006 s’est fait désirer !
Après un hiver long et rigoureux, le débourrement (la sortie des bourgeons) a eu lieu vers le 15 avril, soit avec 2 semaines de retard par rapport aux années précédentes. Comme nous le font remarquer les plus anciens, cette date correspond à la normale dans les années 1950 à1980.

Un orage de grêle le 29 juin !

Plus de peur que de mal : les feuilles de vignes sont abîmées mais elles ont protégé les raisins. Seuls quelques impacts sont visibles sur baies.

Quel drôle d’été !

Le mois de juillet est caniculaire. Les vignes bien labourées ne souffrent pas de sécheresse car leurs racines sont profondes et profitent de l’humidité souterraine. A l’opposé, le mois d’août est pluvieux. Vers le 20 août apparaissent les premiers foyers de pourriture. La parade : effeuiller pour aérer la zone des grappes et limiter le développement du champignon. Heureusement le temps s’améliore début septembre…le moral du vigneron remonte !

Les vendanges :

Elles débutent sur le Domaine le 13 septembre avec le chardonnay qui produira le Crémant d’Alsace millésime 2006. La qualité des raisins est prometteuse. Les pinots noirs « V » et Clos St Landelin sont récoltés du 19 au 20 septembre. Le tri est double : à la vigne puis en cave, sur la table de tri. La pluie revient après le 20 septembre. La maturité évolue très vite sur tous les cépages, les rieslings prennent des teintes rosées et grises. Il faut agir vite : d’autres vendangeurs sont appelés en renfort pour finir les rieslings le samedi 30 septembre…avant de nouvelles averses.

Pour finir en apothéose :

A partir du dimanche 8 octobre, le temps devient sec et très ensoleillé. Les baies des gewurztraminers perdent leur eau et se concentrent fortement. Des sélections de grains nobles sur le Clos Saint Landelin ont même été mesurées à 24° potentiel !

L’importance du travail de cave :

Le suivi des fermentations alcooliques est essentiel pour éviter arrêts ou déviations. Il faut travailler vite et bien et s’adapter aux raisins. Contrairement aux millésimes précédents, les soutirages se font plus tôt, seules les lies fines sont conservées pour assurer un élevage qui mettra en valeur fruité, velouté et finesse des vins.

Le Millésime 2005

Les conditions climatiques sur Rouffach :

Les mois de mai et juin furent très chauds. Le mois d’août a bénéficié de conditions moins favorables, avec un temps frais et pluvieux. Heureusement pour le vignoble, l’arrière-saison fut exceptionnelle : septembre et octobre ont été chauds et secs.
Quelques pluies estivales ont garanti une bonne alimentation hydrique de la vigne sans nuire à la qualité sanitaire des grappes. Les raisins ont ainsi préservé l’acide tartrique, ce qui confère aux vins une acidité fine. Les belles conditions automnales ont permis d’assurer une bonne maturité des raisins. Les gewurztraminers du Domaine ont atteint le niveau de vendanges tardives.
Seuls quelques jours de pluie début octobre ont interrompu les vendanges. Les raisins n’en ont pas souffert, au contraire cette humidité a permis une meilleure maturité des pellicules.

Les vendanges :

Elles ont débutées le 19 septembre avec les pinots noirs et se sont finies le 30 octobre avec les derniers rieslings.
Après plusieurs années en culture biologique, la vigne semble avoir trouvé un équilibre qui renforce ses défenses naturelles. Le développement des champignons parasites (oïdium, mildiou, pourriture grise) est faible et les traitements sont extrêmement limités. La dose de cuivre (bouillie bordelaise) utilisée n’a été que de 1 kg de Cuivre métal par hectare.
La qualité de la vie des sols est telle que l’assimilation de la minéralité se fait dans des conditions optimales. A la dégustation, les vins laissent apparaître de la minéralité et de la sapidité qui leur confèrent finesse et élégance.

Le Millésime 2004

Les conditions climatiques sur Rouffach :
Les températures moyennes sont élevées mais sans excès. Le mois d' août est assez pluvieux alors que septembre est un peu plus ensoleillé. Les mois d'octobre et de novembre sont ponctués régulièrement d'épisodes pluvieux.

La vigne et le raisin sur le domaine :

A partir du mois de juin, le vignoble subit quelques attaques d'oïdium. Mais elles sont bien maîtrisées grâce à un poudrage précoce de soufre.
Après le stress de 2003, la vigne a une activité végétative et fructifère importante. Afin de favoriser la maturation des raisins, nous avons recours à un éclaircissage sur les gewurztraminers.

La vendange sur le domaine :

La récolte potentielle est très grande. Afin de ne cibler que les raisins les plus mûrs, les vendanges se sont faites en plusieurs passages. Ce travail a permis de récolter du pinot gris en sélection de grains nobles à un potentiel de 21,2° et un muscat, également en sélection de grains nobles, à un potentiel de 18,6°.
La conséquence de ces passages a été un grand étalement des vendanges : elles ont commencé par les pinots noirs et les premiers pinots gris le 26 septembre, pour finir fin novembre avec le Riesling et le Muscat.
Autre conséquence des conditions climatiques, la sélection des jus a été plus poussée au pressurage afin de préserver l'éclat des arômes et la pureté des vins.

Les vins du domaine :

Les vins blancs secs : les équilibres laissent présager de beaux vins de gastronomie. Les vins blancs liquoreux, de part la maturité élevée des raisins, présentent des arômes de fruits exotiques typiques et d'une grande longueur.
Enfin, sur les pinots noirs, nous retrouvons cette année la qualité des sols argilo-calcaires de Rouffach pour la production de vins rouges. Matière et minéralité sont présentes ainsi qu'une belle couleur soutenue par les tanins fins.

Le Millésime 2003

Les conditions climatiques sur Rouffach :
Après un début d’année froid et sec, mars était doux et ensoleillé et le débourrement était précoce.
Le 10 avril au soir, la neige s’est mise à tomber. Le 11 avril il faisait –6°C. Ce gel a fait des dégâts sur les cépages à débourrement précoce : pinot noir, muscat et gewurztraminer. Non seulement la récolte future était endommagée mais c’était aussi l’architecture à venir des souches qui était remise en cause. Les bourgeons principaux ont, en effet, laissé la place aux bourgeons secondaires dont le développement est moins régulier et la fertilité moindre. Contrairement à une gelée normale, ce sont les situations précoces qui ont été les plus touchées car les bourgeons étaient déjà sortis.
Cet épisode signe la fin de l’hiver. Jusque début juin, le développement de la vigne est régulier et conforme à une année normale. Mais l’absence quasi-totale de précipitations n’est pas de bon augure. Suivent alors deux mois très chauds et très secs qui ont fait souffrir de nombreuses vignes. Les parcelles du haut du Clos St Landelin, au sol caillouteux et filtrant et à l’exposition sud, sont les plus touchées. Les parcelles de bas de coteaux ou aux sols plus riches s’en sortent mieux.

La vigne et le raisin sur le domaine :

Pinots noirs et pinots gris mûrissent rapidement. Les gewurztraminers présentent des peaux épaisses qui obligent à patienter car, cueillis avant complète maturité, ils présenteraient des caractères herbacés et amers. Mais ce sont les rieslings qui sont les plus longs à mûrir. Ce cépage, sensible au manque d’eau, a vu sa croissance stoppée très tôt par la sécheresse. L’attente de la maturité a alors été longue.

La vendange sur le domaine :

Elle a commencé début septembre avec les pinots noirs, soit avec plus de trois semaines d’avance. Jamais de mémoire de vigneron alsacien, elles n’ont été aussi précoces. Les premières analyses ont montré des acidités faibles. Ont alors suivi les pinots gris et les sylvaners. Les gewurztraminers ont été vendangés fin septembre. C’est le cépage qui a été, avec le pinot noir, le plus touché par le gel d’avril. Enfin, les vendanges se sont finies avec les rieslings, le 24 octobre, sous les premières neiges !

Les vins du domaine :

Les pinots noirs présentent une structure élégante soutenue par des tanins mûrs. Les arômes de fruits rouges sont présents et rendent ces vins charmeurs.
Les vins blancs allient puissance et gras. Les équilibres sont secs, à l’exception du muscat vinifié en vendanges tardives. Mais tous les vins offrent au nez, comme en bouche, de beaux arômes de fruits exotiques et de fruits à chair blanche.

Le Millésime 2002

Les conditions climatiques sur Rouffach :
2002 est marqué par les pluies et la douceur des températures. Le printemps a été assez propice au développement de la vigne, laissant même présager une certaine précocité du millésime. Cependant, après un mois de juin chaud, l’été s’est montré plus modéré, alternant temps chaud et sec et périodes fraîches et humides.
L’automne, lui aussi pluvieux nous a conduit à souvent scruter le ciel avec anxiété. Mais, fin septembre, une fois commencées, les vendanges n’ont été interrompues que par quelques pluies.

La vigne et le raisin sur le domaine :

Sur l’ensemble des cépages, la floraison s’est déroulée sans encombres. Même le muscat, d’habitude capricieux, n’a présenté aucun problème de coulure ou de millerandage.
L’été, avec ses alternances de journées chaudes et d’averses, a été favorable au développement du mildiou. Le premier enjeu a été de maintenir un équilibre au niveau du pied de vigne, de l’aider à lutter naturellement contre ce champignon. Le second enjeu, complémentaire, a été de raisonner les traitements et les produits utilisés afin d’être le plus respectueux possible des sols et de l’environnement en général (rappel : le domaine est conduit suivant les règles de l’agriculture biologique et utilise les moyens de la biodynamie).
La fraîcheur de septembre a entraîné une maturation lente des raisins et une apparition de Botrytis cinerea dans plusieurs points du vignoble. La bonne aération des grappes et l’absence d’entassement grâce à un éclaircissage pointu fin août, ont permis à la pourriture de se développer dans de bonnes conditions et d’évoluer vers la pourriture noble.

La vendange sur le domaine :

Elle a commencé le 23 septembre par les pinots noirs, pour s’achever le 24 octobre. Cette année, les pinots noirs ont nécessité des tries sévères à la vigne et sur la table de trie. Pour les blancs, la cueillette s’est faite en 2 ou 3 passages. Là encore le sérieux des tries, dans le vignoble ou à la réception de la vendange, a été la clé de la qualité. Citons quelques exemples de degrés potentiels : 14° pour le riesling Clos Saint Landelin, 17,9° pour le gewurztraminer Schulzengass, 17,4° pour le gewurztraminer grand cru Vorbourg, 19,3° pour le pinot gris Clos Saint Landelin et même 24° pour le gewurztraminer Clos Saint Landelin.

Les vins du domaine :

La structure acide, la charpente robuste et la grande maturité feront de 2002 un millésime remarquable de complexité et de finesse.

Le Millésime 2001

Les conditions climatiques sur Rouffach :
Après un printemps assez humide, l’été a offert de belles journées chaudes, avec des périodes sèches (2 à 3 semaines) coupées par une à trois journées de pluies. Nous avons eu également droit à quelques frissons le 6 juillet : un orage de grêle est passé en bordure du vignoble n’épargnant malheureusement pas le grand cru Zinnkoepflé.
Avec l’automne, la tranquillité n’était pas encore de mise. Le mois de septembre très pluvieux nous a fait commencer les vendanges avec un grand pessimisme. Par bonheur, octobre et le début de novembre ont été exceptionnellement ensoleillés et chauds : vendanger fin octobre en t-shirt, on a rarement vu ça !

La vigne et le raisin sur le domaine :

Après un débourrement retardé de deux semaines, la floraison a été bonne. Sauf sur les muscats qui n’ont donné que le tiers d’une récolte normale.
L’enjeu de ce millésime a été, comme souvent, la maîtrise de la vigueur : une vigne vigoureuse présentait un rendement excessif alors qu’une vigne de vigueur correcte présentait un rendement normal. Dans les meilleures situations, les raisins avaient une maturité satisfaisante fin septembre (surtout au niveau des peaux). Le soleil d’octobre a permis le développement de Botrytis cinerea dans de bonnes conditions. Ainsi, par passerillage et pourriture noble, la concentration en sucre a augmenté rapidement sans perte d’acidité.

La vendange sur le domaine :

Elle a commencé le 1er octobre par les pinots noirs, pour s’achever le 12 novembre. Des tries sévères à la vigne et sur la table de trie ont été réalisées pour les pinot noir. La cueillette s’est faite en deux passages pour les blancs. Avec un peu de patience et grâce au bel ensoleillement, de très belles maturités ont pu être atteintes. Citons quelques exemples de degrés potentiels élevés : 16,2° pour le sylvaner Clos Saint Landelin, 15,8° pour le riesling Clos Saint Landelin ou encore 19,8° pour le pinot gris Clos Saint Landelin.

Les vins du domaine :

Les fermentations ont été régulières sans pointe de température. Les acidités s’avèrent normales et fines en dégustation. Le fruit est encore discret mais il semble apparaître une structure ferme, équilibrée par un beau gras. Les couleurs sombres des rouges sont en adéquation avec leur belle ossature.

Le Millésime 2000

La vigne :
Le printemps a bien commencé avec la plantation d'une nouvelle parcelle de Pinot Noir dans le Clos Saint Landelin. Afin d'accentuer l'enracinement de la vigne et de limiter le rendement par pied, elle a été installée à une densité de 10 000 pieds par hectare. Ceci semble être le schéma le plus respectueux du terroir et sera développé à l'avenir sur les nouvelles parcelles, y compris sur les terrasses. Il n'est pas sans contrainte : l'enjeu actuel est de trouver des outils suffisamment étroits pour travailler dans ce contexte.
Après des mois de mai et juin assez humides, le mois de juillet a vu se succéder les orages. Heureusement pour nous, la fin du mois d'août a présenté un climat plus clément. Ainsi, après des attaques de mildiou préoccupantes en début de saison, nous avons réussi à espacer les traitements et les travaux du sol avant véraison.
Cette fin d'été relativement sèche nous a permis de commencer à vendanger mi septembre avec le soleil. Quelques foyers de pourriture noble nous ont même offert de-ci, de-là des belles matières dignes de grandes vendanges tardives, voire de sélections de grains nobles. Les sols drainants du Clos Saint Landelin ont évacué les pluies de la mi-octobre, permettant aux raisins de finir leur maturation. Les vendanges ont été terminées à la fin du mois d'octobre.

Les vins :

Les vins d'Alsace du millésime 2000 présenteront une expression aromatique assez exceptionnelle. Les raisins issus de terrains plus hydrophiles donneront des vins à la matière plus grossière et au profil plus court. Au " Domaine du Clos Saint Landelin ", les agrumes typiques de l'argilo-calcaire explosent comme jamais. La finesse et l'élégance ne sont pourtant pas oubliées dans l'affaire !

Le Millésime 1999

La vigne :
Après un printemps plutôt précoce, l'été a fait quelques misères au vigneron : les pluies se sont succédées en juillet et août favorisant des attaques de mildiou, assez sérieuses par endroits. Le lessivage des traitements successifs nous a donc forcé à maintenir notre attention jusqu'aux vendanges. La conduite agrobiologique pratiqué sur le domaine n'autorise que la bouillie bordelaise, moins polluante mais aussi moins active que les fongicides de synthèse, ce qui a rendu le travail du vignoble encore plus contraignant.

Le climat :

Doux et humide, il a entraîné la vigne vers une production pléthorique qui n'a pu être jugulée qu'au prix d'un éclaircissage long et fastidieux mais qui a payé par la belle concentration des raisins laissés sur pied. Cette opération s'est également avérée gagnante car elle a permis d'aérer les raisins et de les soustraire aux ambiances favorables aux développements cryptogamiques (présence de maladies dues à des champignons parasites de la vigne, comme le mildiou ou la pourriture grise).
Le temps pluvieux n'a pas empêché le raisin de bien mûrir. Le terroir caillouteux et donc bien drainant qu'est le Clos St Landelin fait des merveilles sur un millésime comme celui-ci. Les vendanges ont pu commencer début octobre. Les parcelles ont été récoltées en deux ou trois fois par sélection des raisins les plus sensibles. De fil en aiguille, nous avons finalement terminé les vendanges aux environs du 15 novembre.

Les vins :

Ce qui caractérise les vins d'Alsace du millésime 1999 est la race et la structure des grands vins. Par contre, les vins issus de vendange abondante sont plutôt dilués et simplement gouleyants. Le connaisseur saura faire le tri ! Sur les terroirs argilo-calcaires du "Domaine du Clos St Landelin" ont retrouve dans tous les vins cette élégante subtilité qui caractérise si bien, d'année en année, les produits de la propriété.

Le Millésime 1998

Densité et équilibre !

La vigne :

Une floraison précoce dans d'assez bonnes conditions permet tous les espoirs de bonne récolte. L'été chaud et très ensoleillé entrecoupé de quelques ondées orageuses confirme les premiers espoirs. Toutefois, l'ensoleillement exceptionnel et certaines montées en température à 40°C ont provoqué des grillures de baies (dessèchement avant véraison) mais sans hypothéquer la qualité de la future récolte. Encore quelques pluies au début du mois de septembre et un temps doux jusqu'à la fin des vendanges ont comblé le vigneron de bonheur.

Les vins :

Les niveaux d'alcool potentiel sont élevés et les acidités des vins sont bonnes. Toutes les fermentations sont régulières sans élévation intempestive de température. Les vins sont élevés sur lies et les mises en bouteille ont lieu début 2000. Les vins sont puissants, droits, fermes et remarquablement marqués par le fruit du grand terroir calcaire. Ils sont moins exubérants que les 97 mais plus profonds.

Le Millésime 1997

Le sommet de la maturité !

Pourquoi les 1997 sont-ils donc aussi exceptionnels ?

Les températures moyennes des mois d'août et de septembre 1997 n'ont jamais été aussi élevées en Alsace (depuis l'existence des statistiques météorologiques). Pendant la période de maturation quelques pluies orageuses ont entrecoupés des cycles de quinze jours à trois semaines de temps sec et chaud.

Et voilà ce qu'il fallait pour faire souffrir la vigne, mais pas trop. Et il semble que ce soit dans la sous-région de Rouffach que les conditions ont été les meilleures car notre microclimat sec et ces sols caillouteux et calcaires ont pu pleinement exprimer ce que le terroir peut donner de mieux.

Les vins sont restés sur lies jusqu'au mois de septembre et les mises en bouteilles ont été effectuées après les vendanges 1998. Les degrés sont élevés, mais l'acidité est bien présente.
C'est à la fois la délicatesse du terroir calcaire et la profondeur du grand vin qui caractérisent le millésime 1997. Il y a de quoi se réjouir !

Le Millésime 1996

L'année du terroir !

Le climat :

Le printemps a été pluvieux mais la floraison s’est déroulée mi-juin dans de très bonnes conditions. Il a plu en juillet alors que le mois d’août fut plutôt sec. Le climat de septembre était idéal avec quelques pluies, juste suffisantes pour la vigne, et l’humidité de l’air resta faible.

La vigne et le vin :

La qualité exceptionnelle du millésime 1996 est essentiellement liée à une histoire d’eau : juillet, août et septembre ont connu des pluies mais sans aucun excès, avec des vents secs réguliers. Peu de rosées matinales, des nuits fraîches et des journées ensoleillées ont contribué à l’expression parfaite du terroir dans les vins.
En effet, la vigne a souffert, sans toutefois subir de stress hydrique trop important en profitant au maximum de son enracinement profond. La maturité a été poussée à l’extrême sans apparition de Pourriture Noble. Il y a eu passerillage de baies (dessèchement et concentration sans Botrytis sur l’épiderme des baies grâce à la maturité avancée et à l’air sec).
Tous les ingrédients étaient réunis pour donner au vin ce que le terroir a de meilleur !

Comment cela se traduit-il sur les cuvées 1996 ?!

Une explosion d’arômes de fruits : pêche, abricot, poire, coing, citron, amandes, pamplemousse, agrumes, fruits exotiques…

Le Millésime 1995

"Petits rendements" rime avec "qualité" !

Le climat :

Le printemps a été humide et le mois de juin frais et pluvieux. Juillet et début août ont été beaux, chauds et secs, mais à partir du 15 août les pluies sont revenues et n'ont cessé que fin septembre. Octobre a été chaud et ensoleillé.

La vigne et le vin :

Juin : La floraison s'est étalée dans le temps et a été irrégulière. Les parcelles précoces (Clos St Landelin) ont mal fleuri en raison du temps frais et peu de grappes se sont développées; un petit rendement était donc prévisible. Par contre, nous avons été contraints d'éclaircir les autres parcelles où la fleur a été tardive. Sur la propriété, le rendement à l'hectare est de 39 hl.
Cette année, la nature du sol (calcaire pierreux) et la pratique de l'enherbement ont bien servi la qualité. La vigne n'a pas souffert d'un excès de vigueur car l'eau de fin août et septembre a été évacuée rapidement par le sol, et l'herbe, par effet de concurrence, a limité le développement du système végétatif. Ceci est la clé d'une bonne maturité des grains et de l'expression du terroir dans les vins.
La récolte s'est faite sous le soleil. Les densités ont été élevées, voire très élevées. Au Clos St Landelin, les ¾ des raisins ont atteint le niveau de qualité Vendanges Tardives. Les acidités sont marquées sans être excessives.

Le Millésime 1994

L’année du meilleur et du pire, ou "La mise en valeur des grands terroirs"  !

Le climat :

Le printemps a été doux et pluvieux jusqu’à la floraison. Puis a suivi un été très sec, sans pluie du début du mois de juillet jusqu’à fin août. Septembre et début octobre ont été particulièrement pluvieux. Un changement de temps très net s’est produit du 4 au 21 octobre: cette période est restée chaude, ensoleillée et sèche. Il a recommencé à pleuvoir dès le 22 octobre.

La vigne et le vin :

La floraison a été bonne sur tous les cépages. Au Clos Saint Landelin, l’éclaircissage traditionnel a été effectué sous un soleil ardent en juillet et en août pour alléger la vigne en grappes.
La nature du sol a joué un rôle déterminant sur la qualité de la récolte. Dans la région de Rouffach, et particulièrement dans les coteaux, le sol est calcaire et caillouteux (infiltration rapide des eaux). Un contraste net est apparu entre les terroirs pierreux, secs avec un bon drainage, donc à petits rendements, et les terrains argileux à forts rendements.

Sur terrain pierreux, la vigne a arrêté sa croissance dès le début du mois d’août permettant ainsi aux raisins de mûrir, et sous l'effet de la sécheresse, la peau des baies de raisin s'épaississait. Sur terrain argileux, donc gras, la vigne a continué à pousser et la pluie de septembre a provoqué le développement de la pourriture sur du raisin pas assez mûr: il s’agissait de la pourriture grise. Dans ces cas là, il a fallu vendanger rapidement pour éviter toute dégradation supplémentaire de la qualité du raisin, ce qui a donné des vins dilués et acides. Tandis que dans notre terroir, l’eau a été évacuée rapidement, fragilisant la peau des baies de raisins déjà mûrs. Et c’est de la pourriture noble qui s’est installée.

Par conséquent, nous pouvions nous permettre de retarder les vendanges. De surcroît, nous avons profité de la période ensoleillée -du 4 au 21 octobre- pour récolter des raisins dont la concentration augmentait de jour en jour. Au Clos St Landelin, les vendanges se terminèrent le vendredi 21 octobre; à cette date-là, une cuvée particulière de gewurztraminer titrait un potentiel d'alcool de 26°. Nous avions eu beaucoup de chance, puisque le lendemain il se remit à pleuvoir.